
Légion de Boom
Émerveillez-vous devant le lien explosif entre un groupe d'ingénieurs pyrotechniciens francs-maçons.
Par Ian A. Stewart
Anthony Onesto avait besoin de faire une pause dans ses jeux de poupées avec ses deux jeunes filles. Il a donc imaginé un jeu. Un jour, il a annoncé que Barbie allait ouvrir une entreprise, celle que ses filles choisiraient. Très vite, Barbie s'est retrouvée à la tête d'une animalerie. Père et filles ont élaboré un plan d'affaires, lancé une collecte de fonds pour les animaux dans le besoin et embauché des poupées Ken comme employés. Ce qui avait commencé comme un simple moyen de divertir ses filles s'est transformé en une précieuse introduction au commerce, à l'économie et à l'entrepreneuriat. Quelques années plus tard, inspiré par cette expérience, Onesto a créé « Ella l'ingénieure » , une bande dessinée sur les sciences, la technologie, l'ingénierie et les mathématiques (STEM) destinée aux jeunes filles.
Ce sont des exemples comme celui-ci, où des pères influencent subtilement leur rôle parental, qui fascinent Michelle Travis, auteure de « Dads for Daughters : How Fathers Can Give Their Daughters a Better, Brighter, Fairer Future » (Des pères pour leurs filles : comment les pères peuvent offrir à leurs filles un avenir meilleur, plus brillant et plus juste) . Professeure de droit du travail spécialisée dans l'équilibre vie professionnelle-vie privée à l'Université de San Francisco, Travis explique que les pères sont en mesure d'avoir un impact positif non seulement sur la vie de leurs filles, mais aussi, et c'est essentiel, sur le monde dans lequel elles s'apprêtent à entrer. California Freemason s'est entretenu avec Travis au sujet des pères qui accompagnent leurs filles au football, des camps scientifiques et technologiques, et de la manière dont les pères peuvent influencer positivement la vie de leurs filles.
Franc-maçon californien : Que montrent les recherches sur la façon dont les hommes changent lorsqu’ils ont des filles ?
Michelle Travis : Aujourd'hui, les pères revoient leurs attentes envers leurs filles. Un récent sondage interrogeait les pères sur les qualités qu'ils souhaitaient inculquer à leurs filles, et pour un grand nombre d'hommes, « la force et l'indépendance » figuraient parmi les réponses les plus fréquentes. C'est donc un premier aspect. Il y en a un autre, qui dépasse le cadre quotidien de l'éducation des enfants : la manière dont les pères concilient leur rôle de père avec leurs rôles de travailleur, de dirigeant et de membre actif de la communauté. Les recherches montrent que lorsqu'un homme a des filles, il a tendance à se détacher des rôles traditionnels de genre et à être plus favorable aux lois contre la discrimination et aux lois sur l'égalité des sexes.
CFM : Et cela a à voir avec le fait d’avoir une « légitimité », n’est-ce pas ?
MT : Oui, « prendre position » est un terme employé par les sociologues. Il repose sur l’idée que lorsqu’un homme s’exprime en faveur d’une cause comme l’égalité des femmes, cela est souvent perçu comme allant à l’encontre de ses propres intérêts. Mais cette perception disparaît lorsque l’orateur identifie un véritable intérêt personnel dans le résultat. Pour les hommes, cela signifie invoquer leur statut de père d’une fille comme une motivation sincère justifiant leur engagement pour un monde plus égalitaire.
CFM : Est-il important que les hommes s’impliquent dans des organisations de jeunesse comme les Filles de Job ?
MT : D’abord, la présence d’hommes dans ce type d’organisations est importante, ne serait-ce que pour développer leurs compétences. Les filles vont entrer dans un monde où elles devront interagir avec les hommes ; il est donc essentiel qu’elles apprennent à s’y retrouver tôt. Ensuite, à tort ou à raison, le fait que des hommes exercent une influence positive sur les programmes leur confère une crédibilité. Cela montre que nous accordons suffisamment d’importance à cette cause pour y investir du temps.
CFM : Beaucoup d’hommes utilisent le sport pour créer des liens avec leurs filles, par exemple en s’engageant comme entraîneurs de football ou de softball. Quel est le rôle de cela dans tout cela ?
MT : C’est un excellent point de départ. Le sport est tellement important. La participation des filles aux activités sportives est corrélée à une meilleure estime de soi et à de meilleurs résultats scolaires. Et pour les pères, c’est un lieu où l’on peut commencer à identifier les sources d’inégalité. On constate le sous-financement des équipes féminines et on prend conscience des obstacles auxquels le sport féminin est confronté. C’est un tremplin pour aborder des questions plus fondamentales.
CFM : En dehors du sport, de quels autres domaines les pères peuvent-ils contribuer au développement de leurs filles ?
MT : Les pères peuvent avoir un impact considérable en encourageant leurs filles à s’orienter vers des domaines où les inégalités entre les sexes sont encore très présentes, comme les sciences, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques (STEM) et l’entrepreneuriat, où les opportunités pour les femmes sont encore limitées. Ces deux secteurs sont majoritairement masculins, notamment en raison des messages culturels qui orientent les jeunes filles vers d’autres voies. Il suffit parfois d’emmener sa fille dans un musée des sciences, de construire quelque chose ensemble dans le jardin, d’organiser une collecte de fonds ou de tenir un stand de limonade. Ces activités sont très agréables et, à long terme, elles ont de grands bienfaits pour développer les aptitudes naturelles des filles dans ces domaines.

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