Franc-maçon de Californie : San Francisco maçonnique

Vive LA Loge : La Parfaite Union perpétue un héritage francophone

À l'Union francophone La Parfaite n° 17, histoire et patrimoine se rencontrent.

Par Brian Robin

Ci-dessus: Les membres de La Parfaite Union № 17 célèbrent à l'intérieur du Freemasons' Hall à San Francisco.

Chaque fois que David Chemla-Vogel prend son siège à l'est de La Parfaite Union № 17Il ressent le poids de l'histoire, la responsabilité de perpétuer une tradition vieille de 173 ans. « Je projette cette loge dans l'avenir, pas seulement dans le présent », dit-il. « Ce que je fais permettra à cette loge de perdurer. »

La Parfaite Union, fondée à San Francisco en 1852 comme première loge maçonnique francophone de l'État, est assurément un important vestige historique. Pourtant, comme le dit Chemla-Vogel, ce n'est pas simplement un monument du passé. C'est plutôt une tradition qui se perpétue en s'adaptant à son époque.

Ce lien étroit entre histoire et tradition, d'une part, et innovation, d'autre part, est et a toujours été une caractéristique de la loge. Son histoire d'origine contient déjà un séminaire historique sur l'expérience des immigrants français à San Francisco, sans parler des schismes maçonniques du XIXe siècle et de la franc-maçonnerie continentale de haut grade.

À l'époque de sa fondation, en 1852, les immigrants français constituaient l'un des groupes ethniques les plus importants du San Francisco de la ruée vers l'or, juste derrière les Allemands. Une grande partie de North Beach, et plus tard de Noe Valley, étaient des quartiers français. Les Français dominaient le commerce de blanchisserie, l'importation de vin et les jeux d'argent dans les casinos de la côte de Barbarie. Des groupes comme les Société française de bienfaisance mutuelle et Alliance Française Il a apporté secours et soutien à la population gauloise de la ville, contribuant ainsi à faire de San Francisco le surnom de Paris du Pacifique.

Malgré cette influence considérable sur la ville, la « Loge française » de San Francisco était en grande partie issue de membres d'une autre région francophone : la Louisiane. Là-bas, plusieurs groupes maçonniques, pratiquant dans diverses langues et avec de nombreux rites, s'affrontaient régulièrement (et souvent avec animosité). Lors d'une de ces scissions, au milieu du XIXe siècle, les deux premiers vénérables maîtres de La Parfaite Union n° 17 — Hubert Kidel et Lucien Hermann, tous deux hauts dignitaires de la Grande Loge de Louisiane — s'installèrent à San Francisco et fondèrent leur nouvelle loge.

Les membres de la loge célèbrent leur Banquet annuel de la Saint Jean, qui se tient le 23 juin au Freemasons' Hall.
Ci-dessus : Les membres de la loge célèbrent leur Banquet annuel de la Saint Jean, qui a lieu le 23 juin au Freemasons' Hall.

Au fil des ans, La Parfaite Union a servi de modèle aux immigrants francophones de San Francisco, qui n'étaient pas tous originaires de France. Le membre le plus célèbre de la loge était peut-être Domenico Ghirardelli, dont l'empire du chocolat est toujours situé près de Fort Mason. (Ghirardelli était italien d'origine péruvienne ; c'est probablement son associé, Auguste Girard, né en France, qui l'a accueilli à la loge.)

Cette dimension internationale était un élément important des premières années de la loge, et elle se reflète encore dans son premier degré unique. Contrairement aux autres loges californiennes, qui utilisent le rituel maçonnique Preston-Webb, La Parfaite Union a reçu au XIXe siècle l'autorisation spéciale de pratiquer son propre degré français, plus proche de la forme de l'Ancien Rite d'York. Alors que le rite californien tend à mettre l'accent sur le troisième degré, ou Maître Maçon, le premier degré de La Parfaite Union est le véritable clou du spectacle, avec une durée de plus de trois heures. (Ces dernières années, une autre loge californienne francophone, La France № 885, a adopté la utilisation du premier degré du rite écossais.)

« La franc-maçonnerie est une activité très personnelle et très intellectuelle », explique Georges Vieux, ancien maître de la loge et actuel responsable des prospects. « Il est préférable de pratiquer la franc-maçonnerie dans sa langue maternelle, car ce que l'on apprend en franc-maçonnerie, c'est une interaction avec la langue. »

Il y a aussi le volet culturel : Vieux, qui est membre du conseil d'administration de la Alliance Française et a participé aux célébrations du 30 juillet dans la ville, affirme que la loge est un moyen de préserver et de promouvoir le patrimoine culturel français dans la ville. En fait, Vieux est pratiquement une archive vivante de l'histoire de la loge. Lui et son confrère Sébastien Taveau ont rédigé un article de 2019 pages sur l'histoire de la maçonnerie française en Californie et les origines de leur rite, qu'ils ont présenté en XNUMX à la Conférence internationale de recherche maçonnique à Bordeaux, en France.

Cet article n'était qu'un début, explique Vieux. Il a maintenant la responsabilité de poursuivre l'histoire. « Pour moi, ce n'est jamais fini », dit-il. « C'est sans fin et je reste passionné par l'histoire de cette loge. Nous continuons à parler de la maçonnerie française aux États-Unis. C'était la fin de l'article, mais pas la fin de l'histoire. »

 

Photographie par:
Winni Wintermeyer

plus d'archives :